REPORTAGES

Le chocolat de demain sera durable

Les fabricants de chocolat répondent aux défis du changement climatique avec des approches innovantes.
Flavio Reinarz
Autor ESPRITCHOCOLAT.CH

Avec le réchauffement climatique, les surfaces où planter des cacaoyers friands en humidité diminuent. Les fabricants de chocolat l’ont bien compris : ils réagissent en adoptant des approches novatrices.

Le chocolat a un goût exceptionnel, il met de bonne humeur et de surcroît, il est bon pour la santé. Pourtant, selon des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley, cela pourrait bientôt s’arrêter : en effet, en raison du réchauffement planétaire et de la diminution des précipitations, les cacaoyers sont menacés d’extinction à l’horizon de 2050. Le monde doit-il vraiment s’attendre à un futur sans chocolat ?

Non, répond la World Cocoa Foundation (WCF), une organisation internationale à but non lucratif qui s’engage dans le monde entier en faveur d’une cacaoculture durable et responsable. Des approches novatrices dans le domaine de la gestion durable devraient nous permettre de ne pas devoir renoncer au plaisir du chocolat à l’avenir.

Une culture du cacao intelligente

La promotion du Climate-Smart Cocoa en est un exemple. On entend par là une production cacaoyère adaptée aux changements induits par le dérèglement climatique. Un taux élevé d’humidité ainsi que des pluies en abondance sont nécessaires à la croissance des cacaoyers. Mais les zones de culture présentant ce genre de conditions vont se restreindre à l’avenir en raison d’un climat plus sec et plus chaud. Il faudra donc produire la même quantité de cacao sur des surfaces plus petites.

Cela requiert d’avoir des cacaoculteurs capables de produire du cacao de manière non seulement plus intensive, mais également plus durable. C’est là qu’interviennent les programmes de Climate-Smart Cocoa. Ainsi, par exemple, la WCF souhaite-t-elle, avec neuf de ses membres – notamment Barry Callebaut, Lindt & Sprüngli et Nestlé –, investir plusieurs millions de dollars d’ici à 2020 afin de former des cacaoculteurs aux techniques culturales professionnelles et à une meilleure gestion de la fertilité des sols.

fèves de cacao
©kommunikationsplan

Pas de nouvelles zones forestières

Une autre approche de l’industrie concerne l’une des principales causes du changement climatique – l’abattage de la forêt vierge. Ainsi, dans le cadre de la Cocoa & Forest Initiative, de nombreuses sociétés cacaoyères et chocolatières se sont astreintes, de concert avec des pays producteurs, à ne plus sacrifier de nouvelles surfaces pour produire du cacao. En même temps, les paysans sont soutenus dans l’élaboration de moyens de subsistance alternatifs.

Fruit de cacao rouge
©kommunikationsplan

Une plate-forme suisse du cacao durable

Le secteur chocolato-cacaoyer suisse également renforce son engagement en matière de gestion durable. En janvier 2018, 41 acteurs se sont constitués en une association indépendante, la « Plate-forme suisse du cacao durable ». Parmi ses membres, on compte non seulement des fabricants, des importateurs et des négociants, mais également l’association sectorielle CHOCOSUISSE, des détaillants suisses, le SECO, des organisations non gouvernementales ainsi que des organismes de recherche.

Les objectifs de la Plate-forme suisse du cacao durable sont ambitieux et contraignants : d’ici à 2025, au moins 80 % des produits cacaoyers importés en Suisse devront provenir de la culture durable.

Fruit de cacao tranché
80% der kakaohaltigen Produkte aus nachhaltigem Anbau – Das ist eines der Ziele der Schweizer Kakaoplattform