REPORTAGES

Une histoire d'entreprise que seul le chocolat peut écrire

Mercedes Assal Poget, directrice et propriétaire de "La Chocolatière".
Mercedes Assal Poget, directrice et propriétaire de "La Chocolatière".
Anja Walker

Si le chocolat était déjà entré dans son monde depuis son plus jeune âge, elle est entrée dans le monde professionnel du chocolat il y a un peu moins de dix ans. Alors que sa fabrique de chocolats préférée était sur le point de se retirer du marché avec son propriétaire, elle a voulu reprendre le flambeau, elle s’est obstinée et désormais La Chocolatière s’appelle Mercedes Assal Poget.

Née à Lausanne, Mercedes Assal Poget passe les six premières années de sa vie en Suisse. Elle s’en va vivre au Pérou, sa deuxième patrie, pour les onze années suivantes avant de revenir au bercail pour débuter sa vie d’adulte et son parcours professionnel. Mais avant d’en arriver au statut de directrice d’une chocolaterie, le trajet fût riche en expériences.

Toute petite, elle était déjà très gourmande et raffolait du chocolat sous toutes ses formes. Elle a toujours perçu dans le chocolat la notion de partage qui procure des sentiments de joie et de bonheur. Une façon de créer des souvenirs avec ses proches. Même au cœur des températures estivales d’Amérique du Sud, sa consommation n’a jamais ralenti. « Mon argent de poche me servait surtout à m’acheter des chocolats » avoue-t-elle. Autre anecdote tout aussi révélatrice, lors de ses études universitaires, ses camarades de classe lui avaient attribué une phrase type pour illustrer son portrait dans le yearbookde fin d’année : « Où est mon chocolat ? », il lui en fallait toujours un confie-t-elle.

Retour en Suisse, après un diplôme de commerce et une formation à l’école hôtelière de Lausanne, la jeune Mercedes multiplie les expériences et rajoute en permanence des lignes à son CV. Véritable touche-à-tout – à tout ce qui l’intéresse du moins – elle fera de l’import-export d’artisanat d’art, travaillera dans la finance, la politique, sera responsable logistique pour une multinationale et se formera ponctuellement sur des thématiques chères à ses valeurs, les ressources humaines par exemple. 

En 2011, elle et sa famille faisaient partie de la clientèle régulière de Jean-Claude Currat, alors propriétaire et fondateur de La Chocolatière depuis 1970. C’est cette année qu’elle apprend que son chocolatier préféré a l’intention de fermer ses portes car il ne trouve pas la bonne personne pour lui succéder et ainsi garantir les mêmes exigences de qualité. La jeune entrepreneuse a un déclic, c’est elle qui va reprendre l’enseigne et le business de M. Currat, hors de question de laisser sa chocolaterie adorée s’éteindre. Quelques réflexions et quelques conversations plus tard remplies d’arguments, de contre-arguments et d’une bonne dose d’obstination, elle obtient un stage de trois semaines au laboratoire de La Chocolatière qui se prolongera finalement de plus d’une année. Le maître chocolatier forme sa Jedi jusqu’en 2012, année du rachat de La Chocolatière par Mercedes Assal Poget.

Résultat des courses, aujourd’hui l’enseigne brille toujours aussi fort, en témoignent les divers prix obtenus depuis des années lors du Rallye du Chocolat ou du concours officiel de la ville de Lausanne entre autres. La clef du succès ? C’est avant tout une quinzaine de personnes qui développe son esprit d’équipe projet après projet. Une mise en valeur de l’artisanat et de l’aspect local qui se traduit par des visites régulières aux agriculteurs et fournisseurs de la région.  En somme, l’importance est portée sur le fait de travailler avec des ingrédients et des personnes qui sont proches de chez nous, desquelles on peut parler, raconter l’histoire et la transmettre aux générations futures. Le rôle social, le respect de l’environnement autant que possible et surtout l’amour du produit sont des concepts indispensables au bon fonctionnement de la machine. Madame Assal Poget est une personne émotive, fidèle dans tous les domaines et pas une grande adepte du changement. Changer pour changer, à quoi bon ? L’évolution est nécessaire mais tout le monde sait qu’on ne change pas une équipe qui gagne, donc on ne change pas les ingrédients d’une recette qui fonctionne. Une phrase pourrait résumer la manière de faire de la Directrice : « Il faut mettre de l’émotion dans ce qu’on fait pour déclencher des émotions chez le consommateur ». Simple, sincère et efficace.

Si la cheffe d’orchestre sait comment rendre la musique agréable pour ses employés et ses clients, ainsi que pour sa petite famille, c’est également un travail de gestion, de coordination et une rigueur de vie que toutes celles et ceux qui visent l’excellence s’imposent. Le savoir-faire helvétique se porte bien !

aujourd’hui l’enseigne brille toujours aussi fort, en témoignent les divers prix obtenus depuis des années
aujourd’hui l’enseigne brille toujours aussi fort, en témoignent les divers prix obtenus depuis des années
aujourd’hui l’enseigne brille toujours aussi fort, en témoignent les divers prix obtenus depuis des années
aujourd’hui l’enseigne brille toujours aussi fort, en témoignent les divers prix obtenus depuis des années